
Montréal (Québec) — Juin 2026 | Aujourd’hui, l’organisme national à but non lucratif QueerTech a publié le premier rapport du genre au Canada afin d’examiner l’état de préparation du pays à mettre en œuvre, gérer et gouverner l’intelligence artificielle (IA) responsable dans l’ensemble des fonctions des ressources humaines au sein de l’industrie technologique nationale. Appuyé par Femmes et Égalité des genres Canada (FEGC), le rapport de recherche intitulé L’intelligence artificielle en RH — L’industrie de la techno au Canada : état des pratiques d’inclusion et effets pour la communauté 2ELGBTQI+ mesure l’utilisation inclusive de l’IA, en mettant particulièrement l’accent sur les réalités professionnelles des personnes 2ELGBTQI+.
Le rapport évalue les approches actuelles de l’industrie concernant l’utilisation de systèmes d’IA responsables au sein des équipes de gestion des talents, explore les disparités entre les priorités signalées et les compétences réelles en matière de pratiques responsables, détermine les lacunes critiques et met en lumière les occasions de faire progresser des pratiques d’IA plus équitables dans l’ensemble de l’industrie techno canadienne.
La première étude associée aux pratiques d'IA inclusives était le rapport de recherche intitulé Développement de l’IA inclusive – L’industrie de la techno au Canada : état de la responsabilité des pratiques et effets pour la communauté 2ELGBTQI+, publié initialement par QueerTech en avril 2026. Dans cette étude, des écarts alarmants ont été constatés en ce qui concerne la priorité et la compétence perçues dans les pratiques de développement et de déploiement inclusifs ; en effet, 97 % des entreprises technologiques ont indiqué que le développement de systèmes inclusifs était une priorité absolue, bien que moins de la moitié de ces mêmes entreprises estiment que leurs produits d’IA répondent aux besoins des usager·ère·s 2ELGBTQI+.
Cette étude de suivi - L’intelligence artificielle en RH - s’inscrit dans la continuité naturelle de ces premières constatations ; elle vise à déterminer l’impact réel de systèmes d’intelligence artificielle irresponsables et exclusifs après leur déploiement, en particulier dans les fonctions commerciales à haut risque, comme les ressources humaines et les équipes de gestion des talents. Prises ensemble, ces deux initiatives de recherche confirment une trajectoire dangereuse : le risque de préjudice causé par des systèmes d’intelligence artificielle irresponsables et sous-informés n’est ni réduit ni neutralisé après le déploiement. Au contraire, il évolue et se complexifie, devenant décentralisé tant au niveau de la gouvernance que du type de risque ; en fin de compte, cela transforme les efforts d’atténuation en une cible mouvante et isolée.
A. Utilisation de l’IA dans les fonctions de ressources humaines à travers le secteur de la techno
61 % des entreprises de techno canadiennes automatisent actuellement de manière complète au moins certaines décisions relatives aux ressources humaines à l'aide de l'IA. [L'automatisation complète, dans ce contexte, désigne des décisions automatisées sans supervision humaine]
89 % des professionnel·le·s des RH s'inquiètent des biais potentiels dans les outils de formation, d'évaluation et de bien-être guidés par l'IA. Près de la moitié sont particulièrement préoccupé·e·s par l'exactitude et la fiabilité (au sein des outils alimentés par l'IA, pour n'importe quelle fonction des RH).
91 % des entreprises de techno canadiennes utilisent actuellement l'IA (avec ou sans supervision humaine) dans au moins une fonction des RH. [Plus de 50 % dans des fonctions de recrutement précises, près de 60 % dans des fonctions précises de surveillance et de gestion des employé·e·s (les chevauchements et les redondances ayant été éliminés pour calculer l'utilisation totale)]
D'ici 2029, 43 % des entreprises de techno canadiennes utiliseront l'IA pour les fonctions de licenciement et de départ automatisés. [Selon les déclarations des professionnel·le·s des RH, lorsqu'interrogé·e·s sur les principaux domaines d'expansion des outils d'IA dans les fonctions des RH d'ici 2 à 3 ans]
B. Disparité : Recrutement, soutien et sensibilisation liés aux personnes 2SLGBTQI+
62 % des professionnel·le·s des RH se disent très confiant·e·s dans leurs connaissances des processus de recrutement inclusifs, pourtant seulement 51 % des entreprises de techno canadiennes déclarent avoir des politiques globales qui abordent la représentation des personnes queer.
63 % des professionnel·le·s des RH se disent très confiant·e·s dans leurs connaissances concernant la conception de politiques de soutien aux employé·e·s queer, pourtant moins de 46 % des entreprises de techno canadiennes offrent les éléments suivants : d’avantages sociaux pour les conjoint·e·s de même sexe, de couverture pour les soins d’affirmation de genre, de congés pour soins à la famille choisie, ou de soutien à la gestation pour autrui ou à l’adoption.
58 % des professionnel·le·s des RH se disent très confiant·e·s dans leurs connaissances pour instaurer une culture d’alliance et de sensibilisation au sein des équipes et des gestionnaires. Pourtant, 80 % de ces professionnel·le·s estiment que les personnes 2ELGBTQI+ sont bien représentées sur leur lieu de travail, et 86 % estiment que les personnes queer de leur milieu de travail sont out·e·s / à l’aise de l’être.
59 % des professionnel·le·s des RH se disent très confiant·e·s dans leurs connaissances des concepts et de la terminologie 2ELGBTQI+, pourtant la quasi-totalité (87 %) de ces professionnel·le·s ont exprimé un besoin d'outils, de ressources et de matériel de formation propres aux réalités 2ELGBTQI+. [Principaux obstacles signalés quant à l'amélioration de l'inclusion des personnes queer : Manque de sensibilisation aux enjeux 2SLGBTQI+, Difficulté à collecter des données sur l’identité 2SLGBTQI+, Difficulté à créer des politiques représentatives]
Au cours de ce projet, QueerTech et ses partenaires de recherche ont fait face à un défi récurrent dans la recherche sur l’avancement des personnes 2ELGBTQI+ : 10 % des réponses soumises par les entreprises de techno canadiennes étaient homophobes, transphobes ou autrement queerphobes. Cela témoigne du fardeau disproportionné imposé aux organismes d'avancement des communautés queer, qui doivent non seulement recueillir des données de base manquantes et façonnées par la discrimination, mais aussi absorber les coûts supplémentaires liés à la protection des communautés, au renforcement des capacités et à la vérification des données.
La recrudescence de la haine et de l'ignorance dans les sondages publics élargis constitue un énoncé de problème fondamental qui justifie le recours à une IA inclusive. Ces commentaires ne provenaient pas de robots, mais bien de leader·e·s de l’ensemble du secteur de la techno canadien qui façonnent nos technologies quotidiennes.
« Notre objectif avec cette recherche est de donner au secteur de la techno canadien une base de référence claire sur notre situation actuelle — et les résultats démontrent que nous avons un travail important à accomplir. Une véritable innovation exige une mise en œuvre, une surveillance et une gouvernance responsables des systèmes. Si nous n’auditons pas et ne gérons pas activement les systèmes d’IA qui déterminent qui est embauché·e, licencié·e ou oublié·e, nous risquons d’automatiser la discrimination à grande échelle », a déclaré Naoufel Testaouni, cofondateur et PDG de QueerTech. « Nous appelons les équipes des ressources humaines et les dirigeant·e·s de la technologie à l'échelle nationale à utiliser ces données pour combler l'écart entre l'intention et l'impact. Ces constatations prouvent une fois de plus que le Canada — et notre économie nationale de l'innovation — ne peuvent pas se permettre le coût de l'exclusion ou de technologies irresponsables. »
En 2026, l'industrie de la techno du Canada affiche des tendances préoccupantes quant à l'utilisation responsable et inclusive des systèmes dans l'ensemble des fonctions des ressources humaines. Les niveaux de confiance déclarés par les professionnel·le·s des RH tranchent radicalement avec les réalités des milieux de travail technologiques : absence de politiques traitant des réalités queer, manque systémique d'avantages sociaux éclairés, carence critique de connaissances et d'expertise pratiques concernant les besoins liés à l'identité et les outils de soutien des RH, et automatisation rapide par l'IA des fonctions de recrutement, d'attribution des avantages sociaux, de création de politiques, de surveillance des employé·e·s et de licenciement.
La haine manifeste demeure une réalité dans notre société. De plus en plus, ces points de vue préjudiciables s'expriment par les canaux officiels de collecte d'informations en milieu de travail, dix pour cent des réponses à l'étude ayant été jugées de nature queerphobe. Prises dans leur ensemble, ces constatations sont profondes. Elles mettent en lumière un paradoxe critique : alors que les professionnel·le·s des ressources humaines surestiment de manière flagrante leur priorité et leurs compétences en matière d’inclusion, ils·elles affichent (et renforcent) simultanément les exacts mêmes niveaux d’exclusion culturelle que ceux documentés auparavant au sein des équipes de développement et de produits techniques, un sous-secteur de la main-d’œuvre technologique pourtant largement considéré comme beaucoup plus exclusif que les équipes de gestion des talents.
L’avenir de l’IA au Canada sera défini par ce que nous choisissons de normaliser et d’encourager dès maintenant, tout au long de son cycle de vie : de la conception et du déploiement à l’utilisation et à la gouvernance. Pour les décideur·euse·s canadien·ne·s, cela signifie bâtir les conditions juridiques, institutionnelles, techniques et éducatives qui font du développement inclusif et responsable le prix d’entrée pour toute personne ou organisation appelée à bénéficier de ces technologies à la puissance exponentielle. Ultimement, le Canada doit définir le type d’innovation qu’il est fier de soutenir et établir clairement le seuil sous lequel les organisations technologiques deviennent un risque pour la compétitivité à long terme et la confiance du public.
Consultez la recherche : L’intelligence artificielle en RH
-30-
Pour toute demande de la part des médias, veuillez contacter media@queertech.org.
À propos de QueerTech : QueerTech est une organisation nationale à but non lucratif qui vise à promouvoir les talents, l'entrepreneuriat et les technologies inclusives de la communauté 2SLGBTQI+ au sein de l'écosystème technologique canadien. Grâce à des programmes menés par la communauté, des recherches originales, des partenariats stratégiques et des outils d'inclusion concrets, QueerTech ouvre la voie vers le secteur technologique et contribue à façonner une industrie technologique plus responsable et plus équitable. L'organisation est également un leader national dans la promotion des technologies responsables et la facilitation de politiques progressistes en matière d'équité et d'inclusion pour la communauté 2ELGBTQI+.