
Montréal (Québec) - avril 2026 | Aujourd’hui, QueerTech publie le tout premier rapport de recherche portant sur le développement et le déploiement inclusifs de systèmes d’intelligence artificielle dans l’ensemble de l’écosystème technologique canadien, avec un accent particulier sur les considérations et les réalités propres à la communauté 2ELGBTQI+. Désigné comme un domaine d’étude critique par le gouvernement du Canada, le rapport Développement de l’IA inclusive – L’industrie de la techno au Canada : état de la responsabilité des pratiques et effets pour la communauté 2ELGBTQI+ à l’ère de l’intelligence artificielle vise à contribuer à un champ de notre secteur technologique qui demeure insuffisamment étudié et sous-financé.
Grâce à cette recherche, QueerTech établit un point de référence éclairé sur l’état actuel du développement et du déploiement responsables des systèmes d’IA à l’échelle du pays. Le rapport met en lumière des constats essentiels sur les approches sectorielles liées à ce travail, les écarts marqués entre la priorité accordée à l’inclusion et le soutien réellement offert en pratique, les lacunes importantes en matière de connaissances au sein des équipes de produit quant à la conception de systèmes équitables, ainsi que des occasions claires pour les parties prenantes des secteurs privé et public.
Financé par Femmes et Égalité des genres Canada, le rapport Développement de l’IA inclusive est la première de deux études publiées par QueerTech en 2026 sur les pratiques responsables en intelligence artificielle dans des domaines à haut risque de l’industrie technologique canadienne. Contrairement aux recherches précédentes de QueerTech, ces deux rapports reflètent un public plus large de la techno canadienne, au-delà des professionnel.le.s 2ELGBTQI+. Ce choix stratégique vise à évaluer et à mesurer les perceptions de l’inclusion dans l’ensemble du secteur, ainsi qu’à mettre au jour les différents niveaux de sensibilisation aux systèmes technologiques excluants entre les professionnel.le.s queer et non queer de la techno. Ces études s’appuient à la fois sur des sondages quantitatifs et des entrevues qualitatives, et reflètent un échantillon diversifié d’entreprises technologiques de partout au pays, qui varient selon la taille, le niveau de maturité, le sous-secteur, l’emplacement géographique et le type de produit.
La deuxième étude associée aux pratiques d’IA inclusive est le rapport L’intelligence artificielle en RH – L’industrie de la techno au Canada : état des pratiques d’inclusion et effets pour la communauté 2ELGBTQI+ à l’ère de l’IA. Qui sera publié avant juin 2026, ce rapport explore la façon dont les équipes RH et les équipes responsables des personnes dans l’industrie technologique canadienne - largement considérées comme une fonction d’entreprise à haut risque en raison de leur influence sur les résultats sociaux et économiques - mettent en œuvre, utilisent et surveillent les systèmes d’IA dans le cadre de leurs rôles.
A. DISPARITÉ DANS LA RÉPONSE AUX BESOINS DU MARCHÉ :
Moins de la moitié des entreprises technologiques canadiennes croient que leurs produits d'IA répondent aux besoins des utilisateur·rice·s 2ELGBTQI+, comparativement à 65 % qui croient qu'ils répondent aux besoins de la population générale; un écart de près de 20 %.
B. PRIORITÉ DÉCLARÉE VS SOUTIEN DANS LA PRATIQUE :
Alors que 97 % des entreprises technologiques déclarent que l'IA inclusive est une priorité modérée à élevée…
43 % font état de processus formels limités, voire inexistants, pour traiter les biais dans leur travail.
71 % font état d'un soutien organisationnel limité, voire inexistant, pour la représentation équitable.
C. COMPÉTENCE DÉCLARÉE VS LACUNES DE CONNAISSANCES :
Alors que 85 % des entreprises affirment tenir compte « significativement » de l'inclusion aux étapes de conception, d'entraînement, de test et de surveillance du développement des produits d'IA...
77 % ont indiqué qu'aborder l'inclusion queer dans leur travail (aux mêmes étapes du développement de produits) était difficile ou très difficile.
18 % des développeur·euse·s d'IA canadien·ne·s croient n'avoir jamais rencontré une seule considération relative à la sécurité des personnes 2ELGBTQI+ dans leur travail.
D. CONTRASTE ENTRE LE SOUTIEN NÉCESSAIRE ET LES PLUS GRANDS OBSTACLES
Malgré la priorisation et la compétence déclarées en matière de développement inclusif, les principaux obstacles à un développement plus inclusif sont : ressources ou budget insuffisants (39 %), priorités concurrentes (36 %), difficulté à mesurer le retour sur investissement (33 %).
« La technologie sert les personnes qui la conçoivent. Cette étude de QueerTech constitue une étape essentielle pour veiller à ce que nos technologies les plus puissantes reflètent et servent l’ensemble des Canadien.ne.s », a déclaré Naoufel Testaouni, cofondateur et PDG de QueerTech. « Ce rapport établit un nouveau point de référence sur la position du Canada à l’ère de l’IA; il offre à l’industrie et aux gouvernements les constats nécessaires pour coconcevoir des cadres réglementaires et de gouvernance éclairés, bâtir de meilleurs produits et renforcer la compétitivité économique grâce à une innovation durable et stratégique. »
« L’intelligence artificielle contribuera à définir l’avenir économique du Canada, mais elle doit être façonnée par l’ensemble des Canadien.ne.s, et non par une mince partie du secteur technologique. Des organismes comme QueerTech ouvrent la voie et démontrent que lorsque nous bâtissons de manière inclusive, nous bâtissons des technologies plus intelligentes, plus équitables et plus concurrentielles », a déclaré l’honorable Evan Solomon, ministre d’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, et Ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l’Ontario.
Au cours de ce projet, QueerTech et les organisations partenaires de recherche ont rencontré un défi courant dans la recherche sur l’avancement des communautés 2ELGBTQI+ : 10 % des réponses soumises par des entreprises technologiques canadiennes étaient homophobes, transphobes ou autrement queerphobes. Cette situation reflète le fardeau disproportionné imposé aux organismes qui œuvrent à l’avancement queer, lesquels doivent non seulement recueillir des données essentielles et manquantes façonnées par la discrimination, mais aussi absorber les coûts supplémentaires liés à la protection communautaire, à la capacité organisationnelle et à la vérification des données. La montée de la haine et de l’ignorance dans les sondages publics à grande échelle constitue un énoncé de problème central pour les cas d’utilisation de l’IA inclusive. Ces commentaires ne provenaient pas de robots, mais de dirigeant.e.s de l’industrie technologique canadienne qui façonnent les technologies que nous utilisons au quotidien.
En 2026, l’industrie technologique canadienne affiche des tendances préoccupantes en matière de développement et de déploiement responsables et inclusifs des systèmes. Les niveaux de priorité et de compétence déclarés par les entreprises contrastent fortement avec les réalités observées dans les milieux de travail technologiques : responsabilité décentralisée, soutien fragmenté ou absent, connaissance extrêmement faible des pratiques exemplaires en développement inclusif, et produits qui créent des disparités fondées sur l’identité en matière d’accès, d’utilité et de risque. La haine manifeste demeure une réalité dans l’ensemble de notre société; de plus en plus, ces opinions nuisibles s’expriment par l’entremise de canaux formels de collecte d’information en milieu de travail. En toile de fond de ces tendances se trouvent la prolifération silencieuse de la neutralité organisationnelle, le transfert de la responsabilité et l’absence d’imputabilité directe.
L’avenir de l’IA au Canada sera défini par ce que nous choisissons de normaliser et d’encourager dès maintenant, tout au long de son cycle de vie : de la conception et du déploiement à l’utilisation et à la gouvernance. Pour les décideur.euse.s canadien.ne.s, cela signifie bâtir les conditions juridiques, institutionnelles, techniques et éducatives qui font du développement inclusif et responsable le prix d’entrée pour toute personne ou organisation appelée à bénéficier de ces technologies à la puissance exponentielle. Ultimement, le Canada doit définir le type d’innovation qu’il est fier de soutenir et établir clairement le seuil sous lequel les organisations technologiques deviennent un risque pour la compétitivité à long terme et la confiance du public.
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QueerTech est une organisation nationale à but non lucratif qui vise à promouvoir les talents, l'entrepreneuriat et les technologies inclusives de la communauté 2SLGBTQI+ au sein de l'écosystème technologique canadien. Grâce à des programmes menés par la communauté, des recherches originales, des partenariats stratégiques et des outils d'inclusion concrets, QueerTech ouvre la voie vers le secteur technologique et contribue à façonner une industrie technologique plus responsable et plus équitable. L'organisation est également un leader national dans la promotion des technologies responsables et la facilitation de politiques progressistes en matière d'équité et d'inclusion pour la communauté 2SLGBTQI+.